Ne pas se rendre au théâtre, c'est comme faire sa toilette sans miroir. [Arthur Schopenhauer]
Le théâtre est toujours le lieu d'un débat moral. [Michel Deutsch]
Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre : par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu. [Victor Hugo]
Le théâtre est une des ces ruches où l'on transforme le miel du visible pour en faire de l'invisible. [Louis Jouvet]
Au théâtre, il y a deux sortes de metteurs en scène : ceux qui croient qu'ils sont Dieu et ceux qui en sont sûrs. [Rhetta Hugher]
AAAAAAAAAAAH, le théâtre ! Cet article - là, c'est sans doute le plus important de tous. Pourquoi ? Parce que même les lethargistes qui n'en font pas en font quand même. Vous avez pigé ? Autant vous dire que tous les léthargistes en font, tout le temps. Cependant pour les plus passionnés, il existe un cours particulier que l'on appelle également le "théâtre". Il dure trois heures, et c'est l'occasion pour chaque léthargiste de... comment dirais-je?... de se lâcher vraiment, de montrer sa véritable personnalité (même les côtés les moins reluisants). Et oui. Le théâtre, pour les premières, il a lieu tous les jeudis après midi. De 15h30 à 18h30. Oh ça va ça va, vous affolez pas ! Oui, on travaille jusqu'à 18h30. Non, nous ne sommes pas fous (Nous sommes léthargistes). Oui, ça nous plaît (ne vous en déplaise).
Tout d'abord, je vais vous donner une vision globale d'une année de théâtre option facultative. L'activité théâtre est dispensée par un prof et un comédien intervenant. Le comédien n'est pas forcément là tous les jeudis, étant donné qu'il doit seulement intervenir. Durant tout le premier trimestre, les trois heures hebdomadaires sont consacrées à moult impros & exercices. Puis, vers le milieu du deuxième trimestre, place aux textes. Les professeurs choisissent les textes en lien avec le thème choisi, nous les présentent, et nous choisissons ceux que nous préférons. Viennent ensuite le travail sur la mise en scène, la recherche des éventuels costumes... L'année se solde par une "présentation du travail" (un spectacle, tout simplement).
Ca, c'est pour la partie pratique, qui occupe la majorité du programme. Mais il y a aussi un peu de théorie (aaah, qu'est ce qu'on l'aime la théorie ! ... ) concernant les différents courants du théâtre, du théâtre antique au théâtre élisabétain en passant par la Comédia del Arte. Plusieurs sorties théâtre sont organisées tout au long de l'année pendant lesquelles nous allons voir des spectacles plus ou moins contemporains. Il "faut" en avoir vu au moins trois (en théorie), mais il est naturellement conseillé d'aller en voir le plus possible. Il convient d'être en possession d'un cahier consacré au théâtre pour la théorie et les comptes rendus de spectacle. Une note globale évalue la pratique, et une autre concerne le cahier.
Alors, cette année, le comédien qui intervient s'appelle David. Notez que je ne déroge pas à la règle de ce blog, qui est de ne donner aucune identité véritable. C'est simplement que, comme je n'ai pas trouvé de surnom à notre cher comédien, j'ai simplement... changé son nom ! ^^ David, donc, notre comédien, est absolument extraordinaire. Passionné par son métier (que l'on appelle "intermittent du spectacle"), toujours la pêche et le smile, il se donne à fond à chaque séance. Son crédo pourrait être "J'ai toujours vu que, pour réussir dans le monde, il fallait avoir l'air fou et être sage" (Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu). Et en effet, on pourrait le qualifier de fou, sage, extravagant, déjanté, sérieux, turbulent, extraverti, culotté, allègre, folâtre, espiègle... et gourmand ! Bref, il y en a des adjectifs ! ^^. Intarissable, il pourrait nous parler pendant des heures si Carla, la prof, n'essayait pas de nous faire avancer un peu plus vite. Il a aussi la particularité de nous abreuver de quelques appellations inhabituelles du style "Allez, c'est à toi Louloute" ou bien "C'est parti, les gars, les filles, on y va !" ou encore "Venez par ici mes petits camarades"...
Voilà pour le petit check-up. Venons-en maintenant à une explication plus approfondie. Le texte suivant va vous révéler tout ce que vous ne savez pas sur cette activité si particulière. Des choses qui restent secrètes, consciencieusement cachées au public (nous en avons peut être trop hon... bref vous jugerez par vous même)
Bon donc nous allons commencer thème par thème. Alors, tout d'abord, il y a les exercices.
Avec David, nous avons connu un exercice totalement inédit. Ca s'appelle le "Wizz-Block-Chezem". Oui je sais, un nom d'oiseau, mais croyez moi, c'est un exercice auquel nous avons pris grand plaisir à nous adonner à chaque début de cours. En général c'est le jeu par excellence qui nous permet de nous détendre avant d'attaquer le programme du jour. Alors il consiste en quoi ? En fait c'est simple, nous sommes tous placés en agora dans la salle de théâtre (que celui qui ne sait pas ce que signifie "en agora" aille d'urgence consulter un dictionnaire). Le Wizz consiste à lever son bras au dessus de sa tête le plus vite possible en direction de son voisin de droite ou de son voisin de gauche en criant "Wizz ! " de toute la force de ses poumons. Le Block consiste à ramener à toute vitesse ses deux bras pliés sur sa poitrine comme pour faire barrage en criant "Block ! " en direction de celui qui vient de lui lancer un Wizz. Pour ces deux mouvements, le sens est circulaire, on se "passe" le wizz à toute vitesse en une sorte de chaîne, vous voyez ce que je veux dire ? Comme quand vous tapez quelqu'un sur l'épaule et lui dites "Fais passer !" sauf que ca va beaucoup plus vite. Comme quand vous faites la holà, quoi. Quand quelqu'un "interrompt" la chaine en lançant un "Block !" retentissant, celui qui vient de lui jeter un Wizz doit renvoyer son Wizz dans l'autre sens. Quant au Chezem, il intervient quand la tension commence à monter et que des blocks fusent de partout à ne plus savoir où donner de la tête. Il consiste à lancer ses deux bras en avant en direction d'une personne dans le cercle autre que son voisin de droite ou son voisin de gauche, le congénère qui se trouve en face, par exemple, en hurlant "Cheeeeezzzzeeeeeemmmm !". Cette manoeuvre permet de couper un peu le circuit quand il y a trop de blocks.
Il y a un exercice qui parfois même passait avant le "Wizz-Block-Chezem", on est à nouveau en agora (agora ?...) et on se tiens tous la main. L'exercice est simple: se détendre, fermer les yeux si on veut et faire le vide dans sa tête (ce qui n'est pas très difficile pour le lycéen moyen). Il s'agit de se débarasser des pensées parasites liées aux heures précédentes (ne plus penser au prof de physique qui gribouille ses hiérogliphes au tableau, ou aux atroces contrôles d'éco... ) Puis celui qui le souhaite administre une petite presion sur la main de droite ou la main de gauche qu'il tient et l'autre est tenu de la faire passer. Ainsi une espèce de "courant électrique" parcourt tout le cercle, histoire de se donner de l'énergie et de souder le groupe...
Puis les impros. Improviser: réaliser, organiser d'emblée, avec les seuls moyens dont on dispose (sa créativité, son imagination, son sens de l'humour... ou pas).
Parmi les premières impros de l'année, il y a l'impro "tableau de chasse". C'est une impro de groupe (entre 8 et 10 personnes). On vous donne un thème (par exemple "braquage de banque"). Le but est de former un "tableau immobile" représentant une scène en lien avec le thème. Chancun d'entre vous va se placer chacun son tour dans une position significative (Par exemple vous allez vous placer au milieu de la salle bien campé sur vos jambes, l'oeil satanique et le sourire sadique, un méchant révolver imaginaire pointé sur votre camarade qui se trouve à genoux à vos pieds, le regard suppliant et l'air terrorisé). Le tout forme donc une sorte de "tableau" (Jusque là ça va ou il faut que je répète ?). Ensuite la prof passe entre vous et, lorsqu'elle vous tapote l'épaule, vous devez lancer la première phrase qui vous vient par la tête, en lien avec votre position, bien entendu (Par exemple vous lancez à votre victime, le regard assassin, un éclatant "Le fric ou t'es mort !" avant d'entendre l'autre vous répondre "aah mon Dieu, j'ai pas fait mon testament !").
Il y a l'impro "mini-scène" où vous êtes également par groupe (de 4 ou 5 cette fois). Vous avez une dizaines de minutes pour vous préparer à jouer une petite scène improvisée sur un thème donné, une fois de plus. Pour ce qui est du thème, si vous avez de la chance vous pouvez tomber sur "C'est pas ma faute" par exemple, mais si vous en avez pas, vous risquez de vous retrouver avec "Clair-obscur" (Là faut vraiment être inspiré...).
Il y a celle qui necessite un goal (c'est-à-dire quelqu'un qui est censé s'être volontairement proposé pour ce rôle). Le goal va se placer devant tout le monde et doit attendre qu'un de ses camarades aie la bonne idée de venir le voir et d'entamer une impro avec lui. Le rôle du goal est donc de répondre à l'impro de l'autre, d'"entrer dans le jeu" afin de faire ici aussi, une petite scènnette. Cela donne généralement des choses farfelues, parfois très bien jouée, où les 2 protagonistes sont sur la même longueur d'onde. Petite remarque: je n'ai jamais été goal, et je m'en porte très bien... parfois les autres vous prennent pour un porte-manteau.
Il y a eu une impro très particulière: celle avec les objets. En fait l'exercice correspondant était l'exploration des objets et il nous a ensuite fallu improviser avec ce qu'on avait, à deux. Il y a eu des résultats vraiment plaisants, très interessants. Comment improviser une scène avec des objets abstraits (genre un morceau de carton, une planche, un cube... des trucs qui veulent rien dire, quoi) et sans avoir le droit de parler ?
Aaaah, j'allais passer outre une des impros qui m'a peut-être le plus plu. Il m'a pourtant semblé que c'était aussi la plus difficile. Voilà, nous avions à écrire deux lettres: une lettre d'insultes et une lettre d'amour. Le jeudi suivant, il a fallu les lire devant tout le monde. Nous étions assis de manière éparse dans la salle. Chacun à tour de rôle se levait pour lire sa lettre à quelqu'un d'autre. Et attention ! On fait ça dans les règles de l'art, s'il-vous-plait: on ne lésine pas sur les insultes (c'est le moment ou jamais de dire tout ce qu'on oserait dire qu'à son pire ennemi). Certains ont été extrêmement imaginatifs...
Il y a aussi eu de très belles lettres d'amour. Nous avons ensuite monté le défi d'un cran: dire une lettre d'amour avec le ton d'une lettre d'insulte, et balancer des injures sur le ton le plus doux et le plus amoureux qui soit. C'était folklorique.
Bien sûr, comme vous vous en êtes aperçus, tout ceci necessite pas mal d'heures de boulot. Aussi, comme on est toujours à la bourre, on s'organise des "soirées théâtre", des "journées théâtre" voire même des "week-end théâtre". Ah, ces moments là sont uniques. D'abord, savoir qu'on est les seuls dans le lyçée vide procure un délicieux sentiment de puissance. Ensuite, en tant que volontaires motivés pour bosser en dehors des heures de cours, nous avons droit à quelques... privilèges. Le matin, nous avons parfois droit à des croissants (pour nous donner de l'énergie), à midi nous prenons café et thé en plus de nos sandwitches, et, il y a toujours au moins une personne dans le groupe qui a fait un gâteau, des crèpes ou autre friandise pour régaler la galerie. Les jeudis soir, nous avons même le droit de passer au self gratuitement. Et oui, le théâtre à Jean-François, c'est sacré. Pourtant on ne peut pas dire que nous soyons vraiment discrets quand nous débarquons unanimement vêtus de chemises bleues flamboyantes...
N'hésitez pas à venir faire du théâtre à Jean-François. Croyez moi, ça vaut le coup. Vous savez, les gens du théâtre ne sont pas tous des huluberlus qui parlent fort avec de grands gestes en débitant du Molière à tour de bras (bien qu'il y en ait quelques uns). Beaucoup sont très timides ! Eux ils sont du style totalement muets en classe d'ailleurs. Mais leur extravagance refoulée finit toujours par prendre le dessus. Aussi, ils excellent dès qu'ils jouent. Donc vraiment, n'hésitez pas.
C'était le petit quart d'heure "Brisons les idées reçues".
(à suivre)
Le théâtre est toujours le lieu d'un débat moral. [Michel Deutsch]
Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre : par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu. [Victor Hugo]
Le théâtre est une des ces ruches où l'on transforme le miel du visible pour en faire de l'invisible. [Louis Jouvet]
Au théâtre, il y a deux sortes de metteurs en scène : ceux qui croient qu'ils sont Dieu et ceux qui en sont sûrs. [Rhetta Hugher]
AAAAAAAAAAAH, le théâtre ! Cet article - là, c'est sans doute le plus important de tous. Pourquoi ? Parce que même les lethargistes qui n'en font pas en font quand même. Vous avez pigé ? Autant vous dire que tous les léthargistes en font, tout le temps. Cependant pour les plus passionnés, il existe un cours particulier que l'on appelle également le "théâtre". Il dure trois heures, et c'est l'occasion pour chaque léthargiste de... comment dirais-je?... de se lâcher vraiment, de montrer sa véritable personnalité (même les côtés les moins reluisants). Et oui. Le théâtre, pour les premières, il a lieu tous les jeudis après midi. De 15h30 à 18h30. Oh ça va ça va, vous affolez pas ! Oui, on travaille jusqu'à 18h30. Non, nous ne sommes pas fous (Nous sommes léthargistes). Oui, ça nous plaît (ne vous en déplaise).
Le programme
Tout d'abord, je vais vous donner une vision globale d'une année de théâtre option facultative. L'activité théâtre est dispensée par un prof et un comédien intervenant. Le comédien n'est pas forcément là tous les jeudis, étant donné qu'il doit seulement intervenir. Durant tout le premier trimestre, les trois heures hebdomadaires sont consacrées à moult impros & exercices. Puis, vers le milieu du deuxième trimestre, place aux textes. Les professeurs choisissent les textes en lien avec le thème choisi, nous les présentent, et nous choisissons ceux que nous préférons. Viennent ensuite le travail sur la mise en scène, la recherche des éventuels costumes... L'année se solde par une "présentation du travail" (un spectacle, tout simplement).
Ca, c'est pour la partie pratique, qui occupe la majorité du programme. Mais il y a aussi un peu de théorie (aaah, qu'est ce qu'on l'aime la théorie ! ... ) concernant les différents courants du théâtre, du théâtre antique au théâtre élisabétain en passant par la Comédia del Arte. Plusieurs sorties théâtre sont organisées tout au long de l'année pendant lesquelles nous allons voir des spectacles plus ou moins contemporains. Il "faut" en avoir vu au moins trois (en théorie), mais il est naturellement conseillé d'aller en voir le plus possible. Il convient d'être en possession d'un cahier consacré au théâtre pour la théorie et les comptes rendus de spectacle. Une note globale évalue la pratique, et une autre concerne le cahier.
L'encadrement
Alors, cette année, le comédien qui intervient s'appelle David. Notez que je ne déroge pas à la règle de ce blog, qui est de ne donner aucune identité véritable. C'est simplement que, comme je n'ai pas trouvé de surnom à notre cher comédien, j'ai simplement... changé son nom ! ^^ David, donc, notre comédien, est absolument extraordinaire. Passionné par son métier (que l'on appelle "intermittent du spectacle"), toujours la pêche et le smile, il se donne à fond à chaque séance. Son crédo pourrait être "J'ai toujours vu que, pour réussir dans le monde, il fallait avoir l'air fou et être sage" (Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu). Et en effet, on pourrait le qualifier de fou, sage, extravagant, déjanté, sérieux, turbulent, extraverti, culotté, allègre, folâtre, espiègle... et gourmand ! Bref, il y en a des adjectifs ! ^^. Intarissable, il pourrait nous parler pendant des heures si Carla, la prof, n'essayait pas de nous faire avancer un peu plus vite. Il a aussi la particularité de nous abreuver de quelques appellations inhabituelles du style "Allez, c'est à toi Louloute" ou bien "C'est parti, les gars, les filles, on y va !" ou encore "Venez par ici mes petits camarades"...
Voilà pour le petit check-up. Venons-en maintenant à une explication plus approfondie. Le texte suivant va vous révéler tout ce que vous ne savez pas sur cette activité si particulière. Des choses qui restent secrètes, consciencieusement cachées au public (nous en avons peut être trop hon... bref vous jugerez par vous même)
Il y a tout de même quelques points importants à savoir. Quand on fait du théâtre, il ne faut pas:
- être trop timide,
- avoir peur de passer pour un con/abruti/crétin,
- être du genre à aimer se coucher à 20h30 le jeudi soir.
- avoir peur de passer pour un con/abruti/crétin,
- être du genre à aimer se coucher à 20h30 le jeudi soir.
Bon donc nous allons commencer thème par thème. Alors, tout d'abord, il y a les exercices.
Les exercices
Avec David, nous avons connu un exercice totalement inédit. Ca s'appelle le "Wizz-Block-Chezem". Oui je sais, un nom d'oiseau, mais croyez moi, c'est un exercice auquel nous avons pris grand plaisir à nous adonner à chaque début de cours. En général c'est le jeu par excellence qui nous permet de nous détendre avant d'attaquer le programme du jour. Alors il consiste en quoi ? En fait c'est simple, nous sommes tous placés en agora dans la salle de théâtre (que celui qui ne sait pas ce que signifie "en agora" aille d'urgence consulter un dictionnaire). Le Wizz consiste à lever son bras au dessus de sa tête le plus vite possible en direction de son voisin de droite ou de son voisin de gauche en criant "Wizz ! " de toute la force de ses poumons. Le Block consiste à ramener à toute vitesse ses deux bras pliés sur sa poitrine comme pour faire barrage en criant "Block ! " en direction de celui qui vient de lui lancer un Wizz. Pour ces deux mouvements, le sens est circulaire, on se "passe" le wizz à toute vitesse en une sorte de chaîne, vous voyez ce que je veux dire ? Comme quand vous tapez quelqu'un sur l'épaule et lui dites "Fais passer !" sauf que ca va beaucoup plus vite. Comme quand vous faites la holà, quoi. Quand quelqu'un "interrompt" la chaine en lançant un "Block !" retentissant, celui qui vient de lui jeter un Wizz doit renvoyer son Wizz dans l'autre sens. Quant au Chezem, il intervient quand la tension commence à monter et que des blocks fusent de partout à ne plus savoir où donner de la tête. Il consiste à lancer ses deux bras en avant en direction d'une personne dans le cercle autre que son voisin de droite ou son voisin de gauche, le congénère qui se trouve en face, par exemple, en hurlant "Cheeeeezzzzeeeeeemmmm !". Cette manoeuvre permet de couper un peu le circuit quand il y a trop de blocks.
Il y a un exercice qui parfois même passait avant le "Wizz-Block-Chezem", on est à nouveau en agora (agora ?...) et on se tiens tous la main. L'exercice est simple: se détendre, fermer les yeux si on veut et faire le vide dans sa tête (ce qui n'est pas très difficile pour le lycéen moyen). Il s'agit de se débarasser des pensées parasites liées aux heures précédentes (ne plus penser au prof de physique qui gribouille ses hiérogliphes au tableau, ou aux atroces contrôles d'éco... ) Puis celui qui le souhaite administre une petite presion sur la main de droite ou la main de gauche qu'il tient et l'autre est tenu de la faire passer. Ainsi une espèce de "courant électrique" parcourt tout le cercle, histoire de se donner de l'énergie et de souder le groupe...
Puis les impros. Improviser: réaliser, organiser d'emblée, avec les seuls moyens dont on dispose (sa créativité, son imagination, son sens de l'humour... ou pas).
Les impros
Parmi les premières impros de l'année, il y a l'impro "tableau de chasse". C'est une impro de groupe (entre 8 et 10 personnes). On vous donne un thème (par exemple "braquage de banque"). Le but est de former un "tableau immobile" représentant une scène en lien avec le thème. Chancun d'entre vous va se placer chacun son tour dans une position significative (Par exemple vous allez vous placer au milieu de la salle bien campé sur vos jambes, l'oeil satanique et le sourire sadique, un méchant révolver imaginaire pointé sur votre camarade qui se trouve à genoux à vos pieds, le regard suppliant et l'air terrorisé). Le tout forme donc une sorte de "tableau" (Jusque là ça va ou il faut que je répète ?). Ensuite la prof passe entre vous et, lorsqu'elle vous tapote l'épaule, vous devez lancer la première phrase qui vous vient par la tête, en lien avec votre position, bien entendu (Par exemple vous lancez à votre victime, le regard assassin, un éclatant "Le fric ou t'es mort !" avant d'entendre l'autre vous répondre "aah mon Dieu, j'ai pas fait mon testament !").
Il y a l'impro "mini-scène" où vous êtes également par groupe (de 4 ou 5 cette fois). Vous avez une dizaines de minutes pour vous préparer à jouer une petite scène improvisée sur un thème donné, une fois de plus. Pour ce qui est du thème, si vous avez de la chance vous pouvez tomber sur "C'est pas ma faute" par exemple, mais si vous en avez pas, vous risquez de vous retrouver avec "Clair-obscur" (Là faut vraiment être inspiré...).
Il y a celle qui necessite un goal (c'est-à-dire quelqu'un qui est censé s'être volontairement proposé pour ce rôle). Le goal va se placer devant tout le monde et doit attendre qu'un de ses camarades aie la bonne idée de venir le voir et d'entamer une impro avec lui. Le rôle du goal est donc de répondre à l'impro de l'autre, d'"entrer dans le jeu" afin de faire ici aussi, une petite scènnette. Cela donne généralement des choses farfelues, parfois très bien jouée, où les 2 protagonistes sont sur la même longueur d'onde. Petite remarque: je n'ai jamais été goal, et je m'en porte très bien... parfois les autres vous prennent pour un porte-manteau.
Il y a eu une impro très particulière: celle avec les objets. En fait l'exercice correspondant était l'exploration des objets et il nous a ensuite fallu improviser avec ce qu'on avait, à deux. Il y a eu des résultats vraiment plaisants, très interessants. Comment improviser une scène avec des objets abstraits (genre un morceau de carton, une planche, un cube... des trucs qui veulent rien dire, quoi) et sans avoir le droit de parler ?
Aaaah, j'allais passer outre une des impros qui m'a peut-être le plus plu. Il m'a pourtant semblé que c'était aussi la plus difficile. Voilà, nous avions à écrire deux lettres: une lettre d'insultes et une lettre d'amour. Le jeudi suivant, il a fallu les lire devant tout le monde. Nous étions assis de manière éparse dans la salle. Chacun à tour de rôle se levait pour lire sa lettre à quelqu'un d'autre. Et attention ! On fait ça dans les règles de l'art, s'il-vous-plait: on ne lésine pas sur les insultes (c'est le moment ou jamais de dire tout ce qu'on oserait dire qu'à son pire ennemi). Certains ont été extrêmement imaginatifs...
Il y a aussi eu de très belles lettres d'amour. Nous avons ensuite monté le défi d'un cran: dire une lettre d'amour avec le ton d'une lettre d'insulte, et balancer des injures sur le ton le plus doux et le plus amoureux qui soit. C'était folklorique.
Bien sûr, comme vous vous en êtes aperçus, tout ceci necessite pas mal d'heures de boulot. Aussi, comme on est toujours à la bourre, on s'organise des "soirées théâtre", des "journées théâtre" voire même des "week-end théâtre". Ah, ces moments là sont uniques. D'abord, savoir qu'on est les seuls dans le lyçée vide procure un délicieux sentiment de puissance. Ensuite, en tant que volontaires motivés pour bosser en dehors des heures de cours, nous avons droit à quelques... privilèges. Le matin, nous avons parfois droit à des croissants (pour nous donner de l'énergie), à midi nous prenons café et thé en plus de nos sandwitches, et, il y a toujours au moins une personne dans le groupe qui a fait un gâteau, des crèpes ou autre friandise pour régaler la galerie. Les jeudis soir, nous avons même le droit de passer au self gratuitement. Et oui, le théâtre à Jean-François, c'est sacré. Pourtant on ne peut pas dire que nous soyons vraiment discrets quand nous débarquons unanimement vêtus de chemises bleues flamboyantes...
N'hésitez pas à venir faire du théâtre à Jean-François. Croyez moi, ça vaut le coup. Vous savez, les gens du théâtre ne sont pas tous des huluberlus qui parlent fort avec de grands gestes en débitant du Molière à tour de bras (bien qu'il y en ait quelques uns). Beaucoup sont très timides ! Eux ils sont du style totalement muets en classe d'ailleurs. Mais leur extravagance refoulée finit toujours par prendre le dessus. Aussi, ils excellent dès qu'ils jouent. Donc vraiment, n'hésitez pas.
C'était le petit quart d'heure "Brisons les idées reçues".
Melon
(à suivre)